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Le Géant de fer et l'Arbre à pain

il y a 6 heures
2 min de lecture

Il était une fois, dans un atelier d'Auxerre, un géant de fer né dans le feu d'une fonderie. Il avait un pied large comme un rocher, un grand volant pour cœur et une manivelle pour bras. Toute sa vie, il avait travaillé le bois : il le coupait, le perçait, le façonnait, sans jamais s'arrêter. Le bois le craignait, car le géant était fort et ne connaissait pas la douceur.

Puis vint le jour où les ateliers se turent. On oublia le géant dans un coin, et la rouille commença à le ronger. Il pensa qu'il finirait là, seul et inutile, lui qui n'avait jamais rien su faire d'autre que travailler.

Loin de là, au cœur du Limousin, poussait un vieux châtaignier. Les gens du pays l'appelaient l'arbre à pain, parce qu'il avait nourri des générations entières pendant les hivers difficiles. Il était généreux et paisible, et son bois gardait la couleur dorée des automnes.

C'est l'homme qui domptait le métal qui trouva le géant. Il reconnut en lui un frère de fer et de feu. Il le débarrassa de sa rouille, soigna ses rouages et lui rendit sa fierté. Mais il manquait quelque chose, et c'est l'Alchimiste qui sut quoi. « Tu as passé ta vie à tailler le bois, dit-elle au géant. Et si, pour une fois, tu le portais ? »

Alors elle posa sur ses épaules le plateau du vieux châtaignier. Le géant se tint droit, et il tint bon. Pour la première fois, il ne blessait pas le bois : il le protégeait.

Aujourd'hui, autour de cette table, on ne coupe plus rien. On partage le pain, on refait le monde et on rit tard le soir. Et si vous tournez doucement son volant, vous entendrez peut-être le géant ronronner de bonheur.

Morale : il faut parfois un cœur de fer pour porter la douceur du bois.


 
 
 

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